lundi 22 juin 2009

POLITIQUE: Tandja, est-il entrain de négocier un virage à 180° ?


Il est connu de tous que pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir. C’est désormais chose faite semble t-il au Niger où le 12 juin dernier la cour constitutionnelle a publié un arrêt n°04/CC/CM qui a annulé le décret présidentiel 2009-178/PRN/MI/SP/D du 5 juin portant convocation du corps électoral pour le référendum sur la constitution de la 6ème république. Et depuis lors, le locataire du palais présidentiel et ces acolytes « tazartchistes » se sont confinés dans un silence qui fait dire à certains nigériens qu’un travail de riposte est entrain d’être préparé tandis que d’autres estiment que Tandja et ses alliés mâchent amèrement leur défaite. La commission électorale nationale indépendante (CENI) a quant à elle compliqué davantage la situation au N° 1 du Niger lorsque par la voix de son président, cette dernière a porté à la connaissance de l’opinion nationale et internationale qu’elle a programmé seulement les élections législatives anticipées à la date du 02 août prochain abandonnant ainsi l’idée de référendum car a dit Moumouni Hamidou l’arrêt de la cour constitutionnelle lie tous les pouvoirs publics civil et militaire. pendant ce temps les avocats nigériens réunis au sein du barrot lançaient un appel pressant au président Tandja pour qu’il respecte la constitution et puis la faire respecter ; ce qui est une manière de lui demander de mettre fin à l’idée de son référendum. Comme on le voit les pressions internes deviennent variées et mêmes résistantes ajoutées aux pressions internationales, Tandja ne peut et ne doit que céder à celles-ci c’est à dire tirer un trait définitif sur sa volonté d’organiser ce référendum. Finalement le samedi dernier, à la grande déception des milieux « tazartiste », « le vieux » comme ils appellent Tandja, a signé un décret qui convoque le corps électoral pour les élections législatives anticipées du 20 août 2009. Il faut noter que la veille de la signature de ce décret c’est à dire le vendredi, Tandja a réuni pour la première fois depuis sa création en 1999 le conseil de la république à qui il a demandé de lui accorder certaines prérogatives qui relèvent normalement de la compétence de l’assemblée nationale qui à malheureusement été dissoute par le même Tandja le 26 mai dernier. Mais le conseil de la république s’est déclaré incompétent pour donner une suite favorable à cette requête d’où une autre déception du président. Quoi qu’il advienne maintenant, il est clair que Tandja Mamadou fera négativement parler de lui dans l’histoire pour avoir voulu tordre le cou à la loi fondamentale de son pays qui lui a permis pourtant de gouverner tranquillement pendant dix ans. L’histoire enseignera aussi aux générations à venir que Tandja et son clan composé essentiellement des gens plus soucieux de leur poste que de l’intérêt général du peuple, ont manipulé les populations surtout celles des campagnes en leur faisant faire des déclarations qui n’ont jamais été spontanées comme on veut le faire croire. L’histoire du Niger retiendra aussi que les « tazartchistes » ont caporalisé les médias publics au point d’avoir transformé le journal des régions (JDR) en journal des déclarations (JDD) ou encore la grande édition de 20H30 en édition du programme spécial. Tandja pour avoir trop prêté l’oreille à la passion et non à la raison, ne verra pas son nom inscrit au panthéon des grands hommes africains tels que : Nelson Mandela, Alpha Omar Konaré ou Jerry Rawlings qui continuent et cela jusqu’à la fin de leur vie d’être des modèles des dirigeants qui font la fierté de l’Afrique et qui ont scrupuleusement et à la lettre respecté la loi fondamentale de leur pays.

Aucun commentaire: